Le GICAT (Groupement des industries françaises de défense et de sécurité terrestres et aéroterrestres) a organisé le mercredi 6 novembre 2019 à la Préfecture de Paris Ile-de-France un premier colloque sur le thème « bâtir des territoires de confiance ».

« Un territoire de confiance peut être défini comme une étendue où règne un sentiment collectif de sécurité » Laurent Denizot – Président directeur général Egidium Technologies et responsable du projet Territoires de confiance au sein du Comité Stratégique de Filière sécurité

Ces conférences, animées par des élus, chefs d’entreprises ou présidents d’associations ont permis d’offrir une réflexion sur les bonnes pratiques de digitalisation des territoires en matière de sécurité.

 

LE NUMÉRIQUE AU SERVICE DES PETITES COMMUNES:
L’exemple de Saint-Amand-Montrond

«L’innovation n’est pas interdite aux petits territoires » Thierry Vinçon – Vice-président Mission ECOTER, conseiller du délégué Ministériel aux Industries Sécurité et à la lutte contre les Cybermenaces, Maire de Saint-Amand-Montrond, Président de la communauté des communes.

Saint-Amand-Montrond est une commune de 9.830 habitants, pourtant, le maire Thierry Vinçon entreprend de nombreux chantiers de digitalisation afin de placer les nouvelles technologies au coeur de la politique de la ville.

Au total, quatre-vingt quinze projets de digitalisation de la ville ont été entrepris en partenariat avec de grandes entreprises et start-ups tels que la modernisation des réseaux de gaz et d’électricité de la ville, la création de places de parking connectées pour éviter les stationnements abusifs et fluidifier les axes routiers ou le contrôle de la qualité de l’air.

Ces investissements ont eu de nombreux effets positifs pour la commune de Saint-Amand-Montrond: au delà de générer des économies, les administrés ont le sentiment d’être impliqués dans les projets urbains de la collectivité et le travail des services municipaux est simplifié et optimisé.
La digitalisation des dispositifs de sécurité a également permis de baisser le niveau de délinquance de près de 65% et de diviser le nombre de cambriolages par trois.

Selon Thierry Vinçon, les petites villes sont en mesure de concurrencer les plus grandes métropoles en terme de services fournis aux populations car les mécanismes de mise en place sont généralement moins complexes et plus directs.

 

LES DÉFIS DE LA DIGITALISATION DES TERRITOIRES

«Le plus grand frein à un projet sont les hommes (…) il faut faire évoluer la législation et l’action se fait par les députés à l’Assemblée Nationale» Dominique Legrand – Président fondateur de l’AN2V.

Selon Dominique Legrand, faire émerger un projet d’envergure nécessite la satisfaction de six critères cumulatifs: la stratégie, la finance, l’organisation, la technique, le juridique et l’éthique.
Même si la majorité des acteurs français est en mesure de réunir ces conditions, la difficulté est de parvenir à bon travail managérial en amont. Lors de la mise en place d’un tel projet, l’individu évalue ce qu’il va perdre en contrepartie (comme du budget, du personnel) et des divergences d’opinions interfèrent dans le processus de conciliation.

De ce fait, comment mettre en place un plan urbain de transition numérique entre plusieurs communes ? C’est le défi qu’a relevé la métropole de Dijon dans le plan « On Dijon » en créant un centre unique de pilotage et de commandement des équipements urbains de 23 communes voisines.
Pour Xavier Lenoir, Directeur du Numérique Métropole de Dijon, la fédération d’acteurs complexes a été un succès grâce à la nature du projet: la mutualisation des feux de signalisation, de l’éclairage public, de caméras de surveillance est un thème suffisamment général pour permette un consensus entre toutes les communes du projet.